Hier soir, nous avons eu la chance de pouvoir assister à un concert vocal à l'ashram.

Malheureusement pour moi, j'avais oublié de remettre ma carte SD dans mon appareil photo, donc, je vais essayer de vous dépeindre la soirée en mots.

Après être allées manger des dosas (crêpe de riz) ou des onion uthapam (galette épaisse) dans un restau de rue indien,  nous sommes allées à l'ashram qui est en fête pendant 3 jours. Des tentures colorées ont été suspendues dans l'allée principale et il y a beaucoup de monde.

Nous nous installons dans la grande rotonde où va lieu le concert.

Face à nous, une estrade sur laquelle les 4 membres des " Chinmaya sisters" sont déjà assis en tailleur en train de peaufiner leurs derniers réglages.

A gauche, tout de blanc vêtu, avec une belle barbe noire, le joueur de bhajani naal, sorte de tambour qu'il a posé en travers de ses jambes afin de pouvoir taper la peau des 2 côtés.

Au centre, les 2 soeurs, portant de beaux sari moirés rose/orangé et bleu/vert sont en train de régler la tampoura électrique. C'est une sorte de bourdon qui va être présent pendant tout le concert et qui est la base de la musique indienne. Il forme un espèce de fond sonore par dessus lequel la mélodie va pouvoir se développer. Ce soir, 3 notes vont être égrennées en continu en descendant la gamme: do aigu , sol, do grave.

A droite, la troisième soeur acorde son violon à la tampoura. Elle le tient tête en bas, posé devant elle et elle en jouera de cette façon tout le long du concert.

Les morceaux interprétés sont des bhajans ou chants dévotionnels dédiés à Shiva, mais aussi à Sri Ramana Maharishi. Souvent, le violon commence seul, puis une des chanteuses commence à vocaliser. Elle finit sa phrase sur une note et sa soeur prend le relais. Parfois, on a l'impression d'un jeu d'improvisation entre les 2 à qui fera la plus belle arabesque vocale. Ensemble, elles marquent le rythme en tapant leur paume de main sur leur cuisse droite et sur le temps 6 et 8, elles retournent gracieusement leur main pour taper avec le dos de leur main.

Entre alors en jeu le percussionniste et je me sens transportée par les vibrations.La musique bat en moi. Par moments, c'est son tour aussi d'improviser et c'est un feu d'artifice rythmique.

La violoniste n'est pas en reste elle non plus car on dirait qu'elle mémorise chaque vocalise des chanteuses pour les reproduire à l'identique.

J'ai rarement assisté à un concert d'une si grande qualité.

C'était magnifique!